Relecture de textes français

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Quelques conseils sur les problèmes les plus communs lorsque l'on relit des textes en Français.

Points de suspension

Rappelez vous que la règle pour le Français (comme d'ailleurs pour les langues autres que l'anglais «LOTE») est : «conformez vous à ce qui est écrit».

Apostrophes

En Français, l'apostrophe remplace une lettre élidée à la fin d'un mot (le plus fréquemment à la fin d'un pronom) lorsque le mot suivant commence par une voyelle ou un h; le mot qui subit l'élision est alors rattaché au mot suivant avec l'apostrophe, sans espace pour les séparer. Ainsi, à la place de «le état», en Français on écrit «l'état» (sans espace).

Le second mot, après l'apostrophe, peut débuter par une lettre majuscule. En général, le «correcteur orthographique (spell-check)» ne reconnaît pas la combinaison lorsque c'est le cas, comme dans «l'Opéra», «l'État», etc. même lorsque «l'opéra» et «l'état» sont reconnus comme valides.

Remarque concernant le formatage : le second mot, après l'apostrophe, peut être en italique, et ce indépendamment du premier mot élidé. Ceci arrive fréquemment avec des noms de bateaux ou des titres de libres, comme par exemple l'Intrépide que l'on formatera l'Intrépide.

La définition des mots causant l'élision a varié dans le temps, ainsi par exemple «l'Yémen» (que l'on écrirait de nos jours «le Yémen»).

Guillemets

Les guillemets usuels sont les guillemets «comme ceci». Mais la façon de composer les dialogues est différente de l'anglais. Les détails varient selon le livre et la période, mais en général :

  • Les guillemets ne sont pas interrompus pour de courtes phrases telles que «il a dit».
  • Les dialogues sont souvent introduit le tiret d'un cadratin, un nouveau tiret étant indiqué à chaque fois que l'orateur change. Habituellement, chaque changement d'orateur amènera également un nouveau paragraphe, mais ce n'est pas systématique.
  • Si une citation utilisant des guillemets continue sur plus d'un paragraphe, le guillemet fermant (») apparaîtra souvent au début de chaque paragraphe comme une marque indiquant cette continuité. (Par opposition, en anglais c'est le guillemet ouvrant qui est généralement utilisé en début de chaque paragraphe dans une citation continuant sur plusieurs paragraphes.)

Voici un exemple tiré de la page 221.png de

. Les mots sont montrés en couleurs différentes pour illustrer le fait qu'ils sont dits par différentes personnes.

[...] Mlle Vanesse l'avait entendue et ne s'en était point formalisée.

«Là-dessus, revenons à notre fait divers, dit-elle en rouvrant le
journal.

--Mais l'histoire est finie, dit Mlle Racot. Il a tué sa maîtresse et il
s'est tué.

--Il a voulu se tuer; mais, comme il arrive quelquefois, le pistolet
rata», repartit Jacquine d'un ton si impassible qu'on eût pu douter
qu'il se fût passé rien de semblable dans sa vie.

Dans cet exemple les guillemets entourent l'ensemble du dialogue et c'est les tirets d'un cadratain qui séparent les paroles des différents personnages. Dans certains livres, les guillemets ne seront tout simplement pas utilisés dans des dialogues aussi simples que celui-ci, le fait oral étant communiqué uniquement par les tirets d'un cadratain.

Accents

Voici les caractères accentués existant en français : àâ, ç, éèêë, îï, ô, ùû, ÿ, et la ligature œ.

Comment détecter un vrai accent circonflexe

Il est très rare en français que deux mots différents soient valides, l'un avec un accent circonflexe, et l'autre identique à part un accent aigu ou grave à la place de l'accent circonflexe. Ainsi, lorsqu'il faut choisir entre par exemple évèque et évêque, seul un des mots est valide (évêque).

La seule exception notable est le couple pécheur (commettant un péché) et pêcheur (celui qui attrape des poissons); et il en va de même pour péché (faute) et pêché (attrapé pour un poisson).

Ceci étant dit, certains mots s'écrivaient autrefois d'une façon différente, avec un accent grave à la place d'un accent circonflexe ou vice versa (par exemple trève/trêve; systême/système; etc.)

Souvent, une partie de l'accent circonflexe est à peine visible. Pour être sûr, on peut généralement distinguer entre ^ et soit l'accent grave, soit l'accent aigu en regardant l'alignement vertical entre le haut de l'accent et la lettre qu'il accentue. Le sommet du ^ est généralement centré juste au dessus du sommet de la lettre, alors que lorsqu'il s'agit d'un accent grave ou aigu, l'accent est au-dessus du centre de la lettre.

(Voir aussi la discussion sur ce point sur le forum)

Accents sur un a

à est uniquement utilisé dans les quatre mots à, çà, là, voilà, afin de distinguer les adverbes de leurs homographes a, ça, la, voila. La confusion entre la préposition à et le verbe a est une très fréquente source d'erreur de scan non détecté en français.

Deux mots maintenant écrits avec un â étaient autrefois (jusqu'aux alentours de 1850) écrits sans accent : ame (âme) et grace (grâce). Vous pourrez également rencontrer «aame» avant 1850.

Accents sur un e

En ce qui concerne l'accentuation de la lettre e, les règles ont changé plusieurs fois au cours du temps.

En particulier, c'est l'emploi de è qui s'est stabilisé le plus récemment, et de nombreux mots avec è utilisaient un autre accent jusqu'aux environs des années 1900 :

des mots se terminant en -ège autrefois étaient écrits en -ége jusqu'aux années 1900: siége, collége, cortége, sacrilége, etc.

Ecriture de certains mots communs au 19ème siècle : complétement, poëte, systême.

(Encore plus anciennement, avant 1800, il peut arriver que le è ne soit pas utilisé du tout sauf en fin de mot : pere, mere, ...)

Accents sur un i

Il est souvent difficile de distinguer un î d'un i. Parfois le î ressemble à un i dont le point est légèrement plus bas que celui d'un i normal. Soyez attentif aux erreurs possibles sur les couples suivants, qui signifient des choses différentes :

boite/boîte, faite/faîte, parait/paraît, et tous les verbes se terminant en -it/-ît (prît, fît, etc.)

En particulier, fît est une erreur fréquente pour «fit», le f étant souvent mal reconnu par le logiciel OCR qui insère un accent.

Accents sur un o

Vous ne verrez jamais de ò ou ó, donc si il y a un accent, c'est un ô. Faites attention à : côte / côté / cote / coté qui sont 4 mots différents.

Accents sur un u

De même que à, ù est seulement utilisé dans le mot où afin de le distinguer de ou.

Quelques verbes se terminant en -ut/-ût existent et ont des significations différentes (de même que l'on a des verbes se terminant en -it/-ît). Faites en particulier attention à fût qui est parfois une erreur de scan pour «fut», le f étant souvent mal reconnu par le logiciel OCR qui insère un accent. Un autre couple amenant fréquemment des erreurs est sur/sûr.

Accents sur des majuscules

Les majuscules sont rarement accentuées. Par exemple, les mots «état, église» deviennent souvent «Etat, Eglise» lorsque mis en majuscule. Il n'est généralement pas utile de le signaler par une [**note].

Normes orthographiques (temps présent)

Les dates données ci-dessous sont des estimations grossières; les réformes de l'orthographe ont été publiées officiellement à certaines dates, mais il n'est pas inhabituel que la pratique diffère de la norme nouvelle pendant un certain temps. De plus, je n'ai pas vérifié les textes officiels, les éléments ci-dessous sont plus un état d'impression reposant sur la connaissance de livres relus ici, donc chacun est encouragé à commenter ou modifier ce qui suit !

Terminaisons en -ége

Comme dit ci-avant, jusqu'aux environs de 1900 les mots s'écrivaient en -ége (au lieu de la terminaison moderne -ège).

Mots se terminant par -ans/-ens

Jusqu'aux alentours de 1830, les mots étaient orthographiés en -ans/-ens au lieu des terminaisons modernes en -ants/-ents: parens, enfans, savans, etc.

Tiret après «très»

Très-gros, très-grand, très-illustre, etc., tous les adjectifs utilisés avec «très» étaient autrefois employés avec un tiret.

Pas de è à l'intérieur des mots avant 1800

Avant les alentours des années 1800, le e avec un accent grave : è était très rarement employé. Généralement il apparaissait seulement à la fin de mots comme «près», «très», mais jamais lorsqu'il y avait une autre syllabe ensuite comme dans «pere», «mere», etc.

oi au lieu de ai

Avant environ 1750 (??) un grand nombre de mots orthographiés actuellement avec -ai s'écrivaient -oi. Les cas les plus évidents sont ceux de tous les verbes à l'imparfait : avois, étoit, tenoient, feroit, etc. C'est également vrai pour quelques autres mots : anglois, françois, roide, foible (et son dérivé foiblesse), connoître, paroître (et leurs formes dérivées : connoissoit, paroissoient, etc.).

Normes orthographiques (avant 1700)

Consonnes supplémentaires

L'orthographe française employait un grand nombre de consonnes supplémentaires jusqu'aux environs de 1650. Une partie de nos accents circonflexes étaient alors représentés par la lettre s : pastre (pâtre), estre (être), maistre (maître), nostre (nôtre), etc. Différentes lettres étaient également gardées dans la forme écrite en souvenir du mot latin original. Par exemple : sçavoir (en latin : scire), prebstre (en latin : presbiter), etc. Le fait de doubler ou non des consonnes n'était pas employé comme exactement maintenant : e.g. apeller, jetter, etc.

eu au lieu de u/û

Les mots s'écrivaient souvent avec -eu au lieu du u moderne : seur (sur), asseurement (assurément), veu (vu), sceu (su), etc.

Trémas supplémentaires : ë, ü

Ces trémas supplémentaires étaient utilisés autrefois pour distinguer la voyelle u de la consonne v, et cette pratique est restée en usage pour quelque temps même après que la forme 'v' ait été réservée à la consonne et la forme 'u' à la voyelle. Par exemple, «broüillard» orthographié avec un ü permettait de ne pas le lire en comme le mot fictif «brovillard».

u/v et i/j

(voir Relecture_des_textes_anciens)

Vers 1500

Les accents et apostrophes ont commencé à être introduits vers seulement vers 1530. Ainsi, des textes plus anciens seront en général imprimés sans accents ni apostrophes : vng iour deste = un jour d'été.

Spécificités en formatage

Polices

La police gesperrt n'est pas utilisée dans les textes en français, anciens ou modernes. L'emphase est marquée par l'italique, le gras ou les petites capitales. Parfois, ces petites capitales semblent espacées, mais cela correspond seulement à des irrégularités dans la position des caractères d'imprimerie.

Chiffres romains

Les chiffres romains ne sont pas suivis d'un point (.) comme cela peut être le cas dans les textes anciens en anglais.

  • Exemple: Le règne de <sc>Louis XIV</sc>.